Quand un projet n'a plus de sens, ce n'est pas toujours le projet qu'il faut remettre en question. s'impose.
" Je n'ai plus envie. Je n'ai plus la force. "
Cette phrase revient souvent lorsque l'on traverse une période de doute professionnel. Elle est généralement interprétée comme un manque de motivation, un besoin de repos ou un risque de burn-out.
Pourtant, derrière ces mots se cache parfois une réalité bien différente.
Et si le problème n'était pas la fatigue ?
Et si le véritable sujet était le lien entre le projet... et la personne qui le porte ?
Les fondamentaux ne suffisent pas
En tant que coach, je rencontre des dirigeants, des entrepreneurs et des professionnels qui pilotent des projets remarquablement construits.
Le business model est solide.
L'étude de marché est pertinente.
La stratégie est cohérente.
Les objectifs sont réalistes.
Sur le papier, tout semble réuni.
Pourtant, certains projets s'essoufflent.
Non pas parce qu'ils sont mal pensés, mais parce qu'ils ne nourrissent plus la personne qui les porte.
À l'inverse, j'ai vu des femmes et des hommes traverser des périodes extrêmement difficiles sans jamais perdre leur élan.
La différence ne résidait pas uniquement dans leurs compétences.
Elle résidait dans leur point d'ancrage.
Le véritable point d'ancrage d'un projet
J'aime comparer un projet à une descente en rappel.
Le terrain change.
Les conditions évoluent.
Les obstacles apparaissent.
On ajuste sa trajectoire en permanence.
Mais une chose reste fixe : le point d'ancrage.
Dans un projet professionnel, ce point d'ancrage n'est ni le chiffre d'affaires, ni le business plan.
Ce sont nos valeurs.
Elles constituent ce qui demeure stable lorsque tout le reste évolue.
Un marché peut changer.
Une réglementation peut évoluer.
Une stratégie peut être revue.
Mais les valeurs profondes qui nous animent changent rarement.
C'est précisément pour cette raison qu'elles deviennent notre repère.
Le plaisir n'est pas un luxe. C'est un indicateur.
On oppose souvent le plaisir au sérieux.
Comme si prendre du plaisir dans son travail était secondaire.
Je crois exactement l'inverse.
Le plaisir est un indicateur.
Il nous renseigne sur le degré d'alignement entre ce que nous faisons et ce qui compte profondément pour nous.
Lorsque le sens d'un projet est relié à nos valeurs, quelque chose se produit.
Le projet cesse d'être une simple succession de tâches.
Il devient une expression de ce que nous sommes.
Les difficultés existent toujours.
Les journées restent longues.
Les imprévus ne disparaissent pas.
Mais ils ne prennent plus toute la place.
Parce que le moteur est ailleurs.
Le feu intérieur
J'aime parler de ce feu intérieur.
Cette énergie qui ne dépend pas uniquement des résultats.
Cette flamme qui donne envie de continuer, d'apprendre, d'ajuster, de recommencer.
Elle ne s'entretient pas avec des injonctions à la motivation.
Elle se nourrit de sens.
Lorsque ce sens disparaît, le feu s'affaiblit.
L'énergie baisse.
L'envie s'essouffle.
Tout devient plus lourd.
Ce n'est pas forcément le signe qu'il faut abandonner son projet.
C'est souvent le signal qu'il faut revisiter son alignement.
Une question avant de changer de direction
Avant de conclure qu'un projet n'est plus fait pour vous, je vous invite à vous poser quelques questions.
- Quelles sont les valeurs qui comptent le plus pour moi aujourd'hui ?
- Les retrouve-t-on réellement dans ce projet ?
- Qu'est-ce qui nourrit encore mon énergie ?
- Qu'est-ce qui, au contraire, l'éteint progressivement ?
- Que pourrais-je faire évoluer pour réaligner ce projet avec ce qui est essentiel pour moi ?
Parfois, quelques ajustements suffisent.
Parfois, c'est un changement plus profond qui s'impose.
Mais dans tous les cas, cette réflexion mérite d'être menée avant de renoncer.
Parce qu'un business model peut faire tenir un projet.
Mais le sens est souvent ce qui permet à la personne qui le porte de tenir dans la durée.
Et toi, connais-tu vraiment ton système de valeurs ?




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